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Contre-enquête sur la mort d’Emma Bovary

Posted by Gwenaëlle on fév 25, 2010 in Livres

C’est un pari risqué qu’a pris Philippe Doumenc en se glissant dans les empreintes de plume de Gustave Flaubert. Cependant, l’humour avec lequel il poursuit l’histoire d’Emma Bovary et enquête sur la mort de cette dernière lui permet de se jouer de tous les écueils, ou presque. Ainsi, l’histoire commence avec un doute. Les médecins Canivet et Larivière, chargés de prodiguer des soins à une Emma Bovary mourante, sont dubitatifs : certains signes pourraient laisser penser qu’elle a été assassinée. Aussitôt, la préfecture de Rouen dépêche à Yonville deux policiers chargés d’enquêter sur les faits. Assassinat? Suicide? Il convient de faire au plus vite la lumière sur cette affaire.

Les témoins sont tous convoqués et c’est avec plaisir que le lecteur voit défiler les personnages du roman de Flaubert : Homais, Tuvache, Rodolphe, Léon… chacun apportant sa version de l’histoire. Les clins d’œil ne manquent pas, tant vis à vis du « père » d’Emma Bovary, Gustave himself – qui fait même une apparition – que de l’époque actuelle, soumise au même genre de préoccupations « politico-bien-pensantes ». Cette contre-enquête est un vrai divertissement, au sens noble du terme. Le lecteur s’amuse, se demande où va l’histoire et comment tout cela va se terminer. La postface est un modèle d’humour potache où l’auteur se permet de poser l’incontournable question : Flaubert a-t-il menti? Une manière détournée d’évoquer les méthodes de travail de Flaubert, qui, pour son modèle, s’était inspiré d’histoires vraies.

Deux petits bémols cependant. D’une part, j’ai trouvé, par moments, l’histoire un peu chaotique, à l’image de la diligence d’Hivert. Il y manque une certaine fluidité. D’autre part, j’aurais aimé que le personnage de Rémi soit un peu plus développé, qu’il ait plus de chair. L’humour est l’atout principal de ce livre mais il ne peut pas tout… et l’on a parfois l’impression que l’auteur n’est pas allé jusqu’au bout de son idée. Cependant, la lecture de cette Contre-Enquête permet de prolonger un peu le plaisir de Madame Bovary et peut constituer une piste de travail intéressante pour des professeurs de français en mal d’idées pour des ateliers d’écriture. Par exemple…

Contre-enquête sur la mort d’Emma Bovary, Philippe Doumenc, Babel, 6€50.

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L’année brouillard

Posted by Gwenaëlle on fév 22, 2010 in Livres

L’intrigue de ce roman est simple. Une jeune femme, Abby, se promène sur une plage de San Francisco avec Emma, six ans et demi. La petite est la fille de Jake, l’amoureux d’Abby. Ce jour-là, il fait relativement froid, il y a du brouillard et très peu de promeneurs sur la plage. Emma veut gambader. Abby lui lâche la main et, durant quelques secondes seulement, voit son attention attirée par le cadavre d’un bébé phoque. Quand elle relève les yeux et cherche Emma du regard, l’enfant a disparu.

Ce roman est celui d’une quête. Celle de Jake bien sûr, mais surtout celle d’Abby qui se sent coupable de n’avoir pas suffisamment fait attention à Emma. Elle veut à tout prix réparer son inattention et pour cela, il n’y a qu’une solution : retrouver la petite. Commence alors pour elle et pour le père de l’enfant un véritable cauchemar où l’espoir le plus insensé le dispute au désespoir le plus noir. La disparition d’Emma creuse un vide immense entre eux. Leur amour se délite au fur et à mesure que les jours passent, sans apporter la moindre piste. Le temps se dilate, s’alourdit et chaque journée n’est consacrée qu’à la recherche l’enfant. Toute leur énergie se concentre sur ça : chercher inlassablement, mobiliser les bénévoles, quadriller chaque quartier de San Francisco, distribuer des affiches, trouver à tout prix des indices. Lire la suite…

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Madame Bovary

Posted by Gwenaëlle on fév 17, 2010 in Livres

Je l’avais déjà lu pourtant! Mais je ne me souvenais que des lieux communs qui surnagent dans les conversations pseudo-littéraires… Emma Bovary, femme frustrée et tragique… En fait, j’étais à côté de la plaque. Une lecture qu’on fait à dix-huit ans ne ressemble pas à celle qu’on fait vingt ans plus tard. J’ai infiniment apprécié cette deuxième lecture du roman le plus connu de Gustave Flaubert, Madame Bovary. J’en ai savouré chaque paragraphe.

Je l’ai lu d’abord comme le témoignage fidèle des mœurs et des usages d’une époque. Les descriptions, d’une grande minutie, permettent de se figurer les scènes dans les plus petits détails. L’éducation de Charles Bovary, les noces d’Emma et de Charles, l’aménagement de leur intérieur, la ferme du père Rouault, le bal à la Vaubyessard : autant de lieux et d’évènements qui prennent vie, sans effort, grâce à la plume précise de Flaubert.

Il (le vestibule) était pavé de dalles en marbre, très haut, et le bruit des pas, avec celui des voix, y retentissait comme dans une église. En face, montait un escalier droit, et à gauche une galerie donnant sur le jardin conduisait à la salle de billard dont on entendait, dès la porte, caramboler les boules d’ivoire. Comme elle la traversait pour aller au salon, Emma vit autour du jeu des hommes à figure grave, le menton posé sur de hautes cravates, décorés tous, et qui souriaient silencieusement, en poussant leur queue.

Admirez la concision de l’auteur qui, en quelques lignes nous décrit les lieux, leur grandeur, leur disposition, l’émerveillement caché d’Emma  (« comme dans une église »), la qualité des hommes présents (« décorés tous »), leur vêtement et leur goût pour ce jeu (« qui souriaient silencieusement »), tout cela avec les bruits en fond, dans une langue riche et bien rythmée qui sonne parfaitement si, d’aventure, on lit le texte à voix haute. Lire la suite…

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Avec les olives!

Posted by Gwenaëlle on fév 17, 2010 in Livres

Nous sommes en 1938. Sur les rives du lac de Côme, la petite ville de Bellano bruit d’une grande activité. C’est que la veuve Fioravanti vient de mourir et cette mort paraît suspecte. Aurait-on affaire à un meurtrier, voire plusieurs?

Dans cette chronique divertissante, vous trouverez une belle galerie de portraits, par familles entières. Grands-parents, parents, rejetons terribles… Le curé, le maire, le capitaine des carabiniers, les épouses et les putains, les voyous et les fous… Ils sont tous là, avec leurs petits et leurs grands problèmes, tâchant de vivre, dans un Italie qui ne se ressemble plus, bien que l’ingéniosité du petit peuple permette souvent de contourner les obstacles que le fascisme dresse.

A la lecture de ces destins qui se croisent et parfois s’entre-croisent, on s’imagine facilement dans un film en noir et blanc de Fellini ou de Visconti. Des drames qui tournent à la rigolade; une bonne humeur, teintée de supersitition et de roublardise; des tempéraments explosifs et d’étranges curiosités. Avec des accents très méditerrannéens parfois. Andrea Vitali tamise l’âme italienne pour nous en donner un instantané, criant de conformité avec ce l’on imagine de cette Italie des années 30/40 : féconde, bonne vivante, faussement insouciante, avec un goût marqué pour les tragédies qui se finissent en happy ends!

Avec les olives! cependant ne tient pas tout à fait les promesses de la quatrième de couverture. Truculent? Pas assez. Il manque du nerf à ce récit – c’est peut-être dû à la traduction, qui souvent, rabote un peu le charme des particularismes culturels… L’histoire se traîne un peu. On sourit, certes mais c’est tout. Et puis dans cette foule bigarrée, il est parfois difficile de s’y retrouver. On repart quelques pages en arrière, on revient. Ah oui, Ernesto Maccado, c’est le capitaine des carabiniers, c’est vrai… On voudrait un peu plus d’excès, quelque chose qui mette du piment, de la fantaisie, de l’impertinence dans ce roman que se veut drôle avant tout… Pour l’effet « couleur locale », mieux vaut aller voir chez Camilleri, par exemple. Et pour le grain de folie, chez Stefano Benni.

A conseiller aux amoureux de l’Italie qui seront sans doute  à même de savourer tous les clins d’œil d’Avec les olives.. sans se casser les dents sur les noyaux!

Ludovico était au-dessus, au lit. Pour lui faire payer la connerie des pigeons, son père l’avait mis à un régime maison et travail : à la droguerie, avec lui, du matin au soir, et au lit de bonne heure. Le linge sale se lavait en famille, il allait se charger lui-même de remettre ce vagabond dans le droit chemin. La semaine avait passé tranquillement, Cucco semblait avoir perdu son envie de faire l’âne… (…)

Avec les Olives, Andrea Vitali, éditions Buchet-Chastel, 24€50

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La diagonale du traître

Posted by Gwenaëlle on fév 17, 2010 in Livres

C’est d’abord le billet de Cuné qui m’a donné envie de lire ce recueil de nouvelles. C’est ensuite l’envie de découvrir ce que Dialogues, grande librairie de Brest (voire « la plus grande librairie du grand Ouest! »), pouvait faire en tant que jeune maison d’édition. Poussée par ces deux forces (quasi-)irrésistibles, je me suis donc procuré ce recueil d’Hervé Hamon, La diagonale du traître. Un ensemble de douze nouvelles qui abordent, chacune à sa manière, la trahison ou ce que l’on suppose telle, sous ses formes les plus variées… Petit bémol par rapport à l’analyse de Cuné, je n’ai pas été emballée par toutes ces histoires. Certaines, et notamment celles derrière lesquelles on sentait un certain vécu, m’ont parue de bien meilleure qualité que d’autres, plus « bateau », dirais-je, pour rester dans l’ambiance brestoise (où j’étais d’ailleurs hier!).

Nouvelle star fait partie de celles qui m’ont le plus emballée, tant le regard porté sur la célébrité, le désir de paillettes et de strass qu’on peut trouver en toute midinette est juste. Une soif de reconnaissance doublée d’un individualisme forcené et d’une certaine aptitude à la manipulation. Mais telle n’est pas prise celle qui croyait l’être, telle pourrait être la morale déformée de cette histoire.

Evidemment, Zouzou, c’est pas les histoires d’amour qui l’encombrent. Parce qu’elle a rien pour elle, rien de rien. Déjà qu’elle est négresse, c’est pas de pot. Mais, ça encore, y ‘en a qui assument. Le pire, avec Zouzou, c’est qu’elle est hyper-grosse. Et pas qu’un peu. Grosse, grosse, voyez. Je dirais pas énorme parce que c’est désobligeant, mais limite, carrément limite. Limite énorme. Ses bras, on dirait des cuisses, et ses cuisses, on ne sait pas trop quoi dire. Lire la suite…

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Mourir d’ennui ou de rire? Telle était la question…

Posted by Gwenaëlle on fév 13, 2010 in Humeur

Aujourd’hui, la médiathèque où je suis inscrite, avait organisé un débat sur les livres. Chaque participant était, en principe, invité à présenter un ou deux livres qui l’avaient particulièrement touché. Ou ému. Ou agacé. Ou dégoûté…

Si cette chronique commence à la manière des petits billets qu’on peut voir sur le site Vie de merde (VDM), ce n’est pas tout à fait un hasard…

Naïve et enthousiaste, je m’étais donc inscrite pour cette rencontre. J’aime les livres, ce blog le prouve et j’aime surtout partager mes coups de cœur. Je m’attendais à voir huit ou dix personnes, en majorité des femmes (oui, je sais, c’est idiot, il y a des hommes qui lisent aussi…), venues comme moi, se rassembler autour d’une table pour discuter un peu et passer un bon moment, dans l’échange et la bonne humeur. Las, idiote que je suis! Je me suis retrouvée en compagnie de deux hurluberlus qui n’étaient pas venus là pour parler livres, comme je l’imaginais mais d’une autre chose : leur immense petite personne! L’un était en-deça de la trentaine (appelons-le JOJO, l’autre au-delà de la cinquantaine (appelons-le LULU). Deux générations différentes donc mais Jojo et Lulu étaient unis par ce point commun : montrer qu’ils SAVAIENT, qu’ils avaient lu, non, que dis-je, qu’ils avaient TOUT lu, qu’ils connaissaient tout et plus encore, et que ça n’était pas deux oies (la bibliothécaire et moi) qui allaient leur faire peur… Lire la suite…

 
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Les heures souterraines

Posted by Gwenaëlle on fév 12, 2010 in Livres

Au long d’une journée (horaires de bureau), les trajectoires parallèles de deux personnages. D’un côté, Mathilde, quarantenaire, cadre dans le service de marketing d’une grande entreprise. De l’autre, Thibault, médecin urgentiste. Tous les deux sillonnent Paris à leur façon, l’un en voiture, l’autre sous terre. Deux trajectoires semblables car ces deux-là, sans se connaître, éprouvent la même lassitude face à la vie urbaine, à la vie tout court.

Mathilde vit un véritable cauchemar dans l’entreprise où elle travaille. Victime de harcèlement de la part de son supérieur, elle est totalement mise à l’écart, vidée de sa substance, de sa raison de vivre. Thibault, lui, vit un échec amoureux et se demande si la voie qu’il a choisi lui convient vraiment.

Si Delphine de Vigan parle avec justesse des épreuves que traverse Mathilde et parvient à se mettre dans sa peau, cela est moins vrai avec Thibault, qui semble moins « achevé », comme personnage. Il est plutôt une esquisse, avec des zones encore un peu floues. La ville, dans son inhumanité, est parfaitement décrite : les étendues maussades, les embouteillages incompréhensibles, les transports en commun qui ressemblent à des wagons à bestiaux, la solitude dans la foule, l’ignorance de l’autre comme bouclier de survie, l’incapacité à sortir de la cuirasse qu’on se construit peu à peu. De même, l’écriture reflète cette sécheresse d’âme qui gangrène la ville. C’est une vision juste mais partielle et subjective cependant. Un constat d’échec d’une société qui se veut basée sur le progrès et finit par broyer ceux qu’elle est censée servir. C’est un roman noir dans le sens où les germes d’espoir n’ont ni assez d’énergie, ni assez de lumière pour éclairer un peu ces personnages dévitalisés.

C’est un livre qui sonne juste mais qui, cependant, m’a laissée sur ma faim car son pessimisme renvoie à une vacuité un peu morbide. Toute cette énergie dépensée pour rien? Vraiment? Si ces deux solitudes n’étaient pas destinées à se rencontrer, j’aurais aimé, au moins, que leurs doutes et leurs réflexions débouchent sur un acte, positif ou non. Or, à la fin du livre, ne demeure que le vide.

Les heures souterraines, Delphine de Vigan, JC Lattès, 17 €

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13 heures

Posted by Gwenaëlle on fév 10, 2010 in Livres

Avis aux amateurs de polars et aux fans : le nouveau livre de Deon Meyer vient de sortir. Je me suis jetée dessus sans trop tergiverser car j’ai lu tous les précédents et n’ai pas été déçue, loin de là.

13 heures. C’est le temps qui s’écoule entre le début et la fin du livre.

Ce nouvel opus commence avec une course-poursuite. Il est cinq heures du matin. Une jeune touriste américaine est traquée par une groupe d’hommes, prêts à tout pour la retrouver et qui ne paraissent pas animés de bonnes intentions… Un peu plus tard, Benny Griessel, inspecteur à la brigade des homicides du Cap est réveillé en sursaut. On l’appelle d’urgence sur le lieu d’un crime. Une femme a été retrouvée la gorge tranchée. Puis une heure et demie plus tard, une autre femme se réveille d’une longue nuit alcoolisée pour découvrir son mari, mort à côté d’elle. Evidemment, elle ne se souvient de rien…

Benny Griessel traverse les romans de Deon Meyer, tantôt personnage principal, tantôt secondaire. Ancien alcoolique, il tente d’arrêter de boire pour sauver son mariage et pouvoir retourner vivre avec sa femme. Il attend une promotion et, dans cette police complètement transformée, en raison de la discrimination positive, il peine à trouver sa place. Son supérieur, en attendant, l’a chargé de former les recrues prometteuses du service. Il doit composer avec les caractères et les origines sociales des uns et des autres, superviser trois enquêtes à la fois. Ses idées se brouillent. La tentation d’un verre n’est pas loin. C’est trop pour un seul homme. Cependant, il ne mollit pas. Une vie est en jeu, celle d’une jeune femme qui pourrait presque être sa fille. Alors Benny court, toute la journée… et le lecteur, les mains et les yeux littéralement ligotés, ne peut pas s’empêcher de le suivre.

Je n’en dirai pas plus sur l’histoire pour ne pas risquer de la déflorer. L’univers de Deon Meyer est captivant et dépaysant. Ses personnages, bien bâtis, ont de l’épaisseur et une humanité qui touche le lecteur. Les décors, dans une Afrique du Sud en pleine mutation, sont toujours finement décrits et on a l’impression d’y être, de mieux comprendre, aussi, les enjeux de cette société qui essaie de bâtir une nouvelle entente sans laisser libre cours à la colère, qui court toujours ici et là.

C’est un très bon polar pour lequel on hésite : doit-on se laisser captiver et le lire d’une traite ou bien le savourer, petit à petit, en prenant garde d’en laisser un peu pour les jours suivants?

Le dilemme de tous les amateurs de bons livres! ;-)

Le site de Deon Meyer pour ceux qui voudraient des photos des lieux décrits dans les romans…

13 heures, Deon Meyer, Seuil Policiers, 25€

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Dis-moi comment tu apprends…

Posted by Gwenaëlle on fév 8, 2010 in Actualité

… et je te dirai de quel pays tu viens…

L’éducation est un sujet qui me tient à cœur. Pas seulement parce que mes enfants sont encore collégiens mais aussi parce qu’il s’agit là d’un véritable enjeu de société, dont on se demande, parfois, si les politiques sont conscients. La dégradation des conditions d’enseignement (et d’apprentissage) et la baisse du niveau général ne sont pas l’invention de quelques agitateurs mal lunés . Chaque jour, je peux le constater. Entre mon aîné qui refuse de se laisser enfermer dans un système de plus en plus répressif où les matières sont peu à peu vidées de leur contenu et le cadet qui, malgré son année d’avance, s’ennuie en cours et trouve qu’il passe bien trop de temps à l’école pour le peu qu’il apprend, je suis bien placée pour voir que l’école ne remplit plus son rôle. Je ne jette pas la pierre aux enseignants. Bien au contraire! Je parle avec eux et comprends leur frustration de ne pas pouvoir enseigner correctement, ni complètement. Pris entre leur hiérarchie souvent déconnectée, des programmes qui n’en finissent pas de changer et pas forcément pour le mieux, des élèves qui ne comprennent pas ce qu’ils font là et des parents anxieux qui veulent à tout prix que leur enfant réussisse, ils doivent amortir tous les chocs… Cependant, point d’angélisme non plus. Il y en a aussi qui n’aiment pas ce qu’ils font ou qui le font mal… mais là n’est pas la question.

La récente polémique liée à l’instauration de quotas de boursiers dans les grandes écoles a ravivé l’éternelle querelle entre les anciens et les modernes, ou plutôt entre les humanistes et les libéraux… Mais appliquer une sorte de discrimination positive dans les grandes écoles pour réduire les inégalités ressemble à un emplâtre sur une jambe de bois. La France, en matière de diplôme, est profondément inégalitaire. C’est un des pays où le milieu social joue le plus dans le niveau scolaire atteint. Mais agir au niveau des grandes écoles serait de peu d’utilité car l’essentiel se joue avant, et notamment dès le primaire… Lire la suite…

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A l’angle du renard

Posted by Gwenaëlle on fév 4, 2010 in Livres

Dans les confins d’une Bretagne terrienne, le récit  d’Arsène Le Rigoleur, paysan de son état.

Dans la veine d’un Franz Bartelt, qui n’a pas son pareil pour faire parler « vrai » ses personnages, Fabienne Juhel nous livre le monologue très « terroir » d’un fermier pas comme les autres. Cela pourrait être vite lassant si ce n’était là qu’un effet de style mais l’auteur, à l’instar des racines du vieil arbre qui s’exprime dans le prologue, plonge profondément dans la personnalité d’Arsène, son état d’esprit, son langage parlé très chantant et rythmé. C’est un livre qui coule en bouche comme un vin, charnu et gouleyant. Un livre au goût de terre, plein des germes verts du printemps et de l’eau des sources auxquelles s’abreuvent les bêtes au retour des pâturages. Mais c’est aussi un mystère. Lire la suite…

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